Retour sur le Cluster de Lomé du 4 et 5 décembre: Interview de Benjamin Ngongang présent à Lomé

Quelques mots sur Lomé, sa vivacité, l’accueil de l’équipe O.S.E.R à Lomé?

Lomé est une ville géniale, c’était ma première visite dans ce coin d’Afrique de l’ouest et j’ai été très agréablement surpris par le calme et l’agitation qui y règne de façon simultanée. « Calme » parce que c’est une petite ville en comparaison des grandes métropoles telles qu’Abidjan ou Lagos; la circulation y est donc beaucoup plus simple et agréable. « Agitation » parce que c’est une ville en chantier que j’ai trouvée, avec beaucoup de créations, aménagements ou prolongements d’axes routiers.

L’accueil de l’équipe O.S.E.R. l’Afrique Togo a été chaleureux, car tous les membres de l’équipe sont à l’image du reste des togolais, généreux, simple et accueillant. Dès le jour de mon arrivée, nous avons organisé un point d’équipe pour voir ensemble les tâches restantes pour le bon déroulement du Cluster.

Comment est composée l’équipe d’O.S.E.R l’Afrique à Lomé?

La jeune équipe d’O.S.E.R. l’Afrique est composée de:

– Isaac I. SABI, Ambassadeur O.S.E.R. l’Afrique au Togo et coordinateur local du projet Cluster Lomé 2015.

– Martin V. AGBETOHO, Secrétaire Général O.S.E.R. l’Afrique Togo

– Rodolphe AGBANYO, membre actif de l’antenne en charge de la logistique pour le projet Cluster

– Jöel DOUTI, Trésorier  O.S.E.R. l’Afrique Togo et responsable local des finances pour le projet Cluster.

– Alexandre DANHOUSSROU, membre actif en charge des relations publiques

– Jean Michel, Vanessa, Wassim et Marcel qui ont apporté chacun une contribution très utile pour mobiliser les participants, communiquer sur l’évènement ou assurer le jour J la prise de note.

Peux tu nous présenter quelques chiffres sur le cluster? ( Nombre de participants, nombre d’intervenants, nombres de followers sur twitter)

Le Cluster Lomé 2015 a rassemblé autour de 110 participants qui sont venus écouter ou travailler avec les 17 intervenants qui ont accepté d’animer un atelier, de participer à une table ronde ou de présenter leur projet ou entreprise. L’évènement Facebook a rassemblé plus de 400 personnes, et nous a permis de passer le cap des 6000 likes sur FB et 900 followers sur twitter. Notre visibilité a clairement augmenté au terme de cet évènement aussi bien pour l’antenne locale que pour le collectif au niveau international.

Quels profils ont les participants? (agê, sexe, profession).

B

Les participants étaient je dois le reconnaitre majoritairement masculins mais nous avons eu de nombreuses jeunes filles qui ont pris part aux ateliers. Nous n’avons pas contrôlé l’âge des participants mais étant donné que la plupart des participants étaient étudiants ou juste diplômés, je pense qu’on peut dire qu’on avait une moyenne d’âge autour de 25 ans. Ceci dit nous avons noté la présence de participants un peu plus expérimentés ou plus matures qui ont entendu parler de nous sur les réseaux sociaux ou dans leur entourage et qui sont venu enrichir nos échanges.

Le constat, le défi: Le Greenbusiness
Quels informations ont été partagé pour présenter les problématiques locales liées à l’économie verte?

En effet le thème de cette 4e édition du programme de formation Cluster d’O.S.E.R. l’Afrique trouve sa racine dans l’économie verte, c’est un concept directement inspiré du développement durable. Le PNUD définit l’économie verte comme « une économie qui entraîne une amélioration du bien être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie des ressources. Sous sa forme la plus simple, elle se caractérise par un faible taux d’émission de carbone, l’utilisation rationnelle des ressources et l’inclusion sociale ».

En écho à la COP21 qui se déroulait à Paris cette année, l’équipe projet avait tout de suite identifié ce thème comme porteur, car les pays africains sont directement concernés par la nécessité de conjuguer développement économique et protection des ressources. L’équipe d’OSER l’Afrique Togo souhaitait donc à travers ce Cluster sensibiliser les jeunes togolais aux enjeux et perspectives de ce Greenbusiness en créant une plateforme d’échanges où les jeunes entrepreneurs de la place pourraient trouver des outils pour relever les challenges de ce secteur.

La première journée, avant de rentrer dans le vif du sujet, nous avons travaillé sur l’attitude d’un entrepreneur grâce aux ateliers animés par notre partenaire le cabinet H&C Togo « comment clarifier un problème et le transformer en objectif » ou encore « processus de créativité et intelligence entrepreneuriale ». Puis nous avons essayé de comprendre les enjeux et les problématiques du secteur de l’énergie avec une table ronde très animée sur le thème « quelles énergies renouvelables pour l’Afrique. » c’était l’occasion pour les participants de découvrir les différents acteurs publics ou privés dans l’énergie au Togo.

La deuxième journée était elle plus centrée sur le financement des projets liés au Greenbusiness et là encore on a vu des contributions sur le type de subvention et d’autres plus originales en lien avec les nouvelles technologie et le financement participatif.

Quels secteurs d’applications ont été mentionnés?

Durant les échanges on a parlé du besoin de conseil ou de fourniture en efficacité énergétique pour la population et les autorités togolaises. On a également constaté un grand vide dans le domaine de la formation pour tout ce qui concerne cette économie verte. Les jeunes startups du Woelab partenaires au projet Cluster nous ont montré aussi des applications concrètes d’entreprises conçues dans l’esprit green notamment Glow-D (base de donnée des points d’eau potable pour le Togo) ou encore Mizamike Scope la start up du recyclage. Certains intervenants nous ont également entrenues sur le domaine de l’agriculture organique, l’éco tourisme ou du lien entre Architecture et greenbusiness.

Les domaines d’application du Greenbusiness au Togo et en Afrique sont donc clairement divers et variés.

Les solutions:
Peux-tu nous citer une ou deux initiatives locales, présente sur le cluster, qui répondent aux défis du green business?

Je citerai en premier la startup Mizamike Scope incubé au Woelab, qui est spécialisée dans le recyclage de déchets plastiques. Mizamiké (qui veut dire « réutilise moi ») en évè une des langues du Togo reprend par son nom le principe de reclycage voulu par son  fondateur Ousiah qui l’a très bien adapté à l’environnement de Lomé dans lequel il est implanté. On a trouvé beaucoup de similitude entre cette  belle startup qui a été présentée aux participants et sa grande soeur nigériane We Cyclers que nous avons également présenté aux participants grâce à une vidéo de Joan Bardeletti réalisée dans le cadre du projet Les Grands Moyens et qui nous a servi de support pour le débat dans les tables rondes. Il y’a donc de belles initiatives locales qui naissent dans ce domaine.

La deuxième initiative dont j’aimerai parler est celle du programme SUNREF qui est un fonds dédié au financement de projets d’efficacité énergétique ou d’énergies renouvelables. Nous avons accueilli samedi matin M. Agbezo l’expert Togo pour ce fonds lancé par l’AFD pour encourager les entreprises ou les particuliers à lancer dans ces secteurs. l’initiative est intéressante en ce sens qu’elle offre en plus des fonds un accompagnement technique pour valider le projet et former aussi bien le porteur de projet que les banques commerciales partenaires du fonds qui n’auraient par ailleurs peut être jamais financé ce type d’investissement.

Quelles structures locales accompagnent les porteurs de projet? Quels types de solutions sont mise en place? ( financement, formation.)

C

Comme je le disais plus haut il y’a encore pour l’instant trop peu de structure d’accompagnement au Togo sur le domaine du Greenbusiness. Raison pour laquelle les initiatives comme celles du programme SUNREF ou de la communauté Woelab sont à encourager. Il faut aussi saluer le programme de M. Elarik Philouze « Entrepreneurs du Monde » qui travaille lui aussi sur l’efficacité énergétique. D’autres intervenants tels que M Hervé TCHAMSI de l’ONG ASDI ou encore Laurent DOMEGNI (consultant en énergie renouvelables) ont permis d’avoir un bel aperçu des petites solutions qui commencent à naitre pour former, conseiller et accompagner les personnes ou les structures intéressées par le domaine du Greenbusiness.

Les freins à la création ou au développement d’initiatives entrepreneuriales:
Selon toi, quels facteurs freinent les initiatives novatrices pour les porteurs de projets?
Comment peut-on y remédier?

Je retiens de ces deux journées d’ateliers que les freins viennent essentiellement du manque de volonté ou du peu de moyens de l’Etat pour rendre attractif l’entrepreneuriat de manière général et dans ce domaine en particulier. Le cadre réglementaire par exemple ne permet pas au Togo de mettre en place facilement un projet de distribution d’énergie même renouvelable. On a aussi vu que pour entreprendre il faut adopter les bonnes attitudes donc être formé aux méthodes d’analyses, de communication et de gestion de projets; des formations qui font défaut car pas suffisamment incluses pour l’instant dans les cycles classiques de formation. C’est ce type de lacune que nous essayons de combler chez O.S.E.R. l’Afrique avec le programme de formation Cluster que nous déployons annuellement dans une de nos antennes africaines.

Pour remédier à ces freins il faut donc multiplier les initiatives comme le Cluster Lomé, mais aussi sensibiliser les pouvoirs publics pour qu’ils investissent plus dans l’accompagnement de l’entrepreneuriat des jeunes, source d’emploi et de développement pour nos pays.

En comparant au cluster à Niamey, quelles impressions et particularités t’ont laissé ce cluster?

Chaque Cluster a son identité, mais comme au Cluster Niamey 2014, j’ai retrouvé dans le Cluster Lomé 2015 une grande énergie, et une soif d’apprendre chez tous les participants. J’en déduis que la jeunesse est demandeuse de formations et d’outils pour comprendre son environnement et saisir les opportunités qui pourraient se présenter à elle pour contribuer efficacement au développement de son pays et de son continent. Le Togo est un pays apparemment calme mais j’y ai trouvé des jeunes qui ont déjà osé entreprendre dans le secteur du Greenbusiness ou dans d’autres secteurs. Ceci me laisse donc optimiste pour la suite si les moyens sont mis en œuvre pour accompagner ce mouvement.

Souhaites-tu ajouter quelques choses pour conclure?

Je dirai tout simplement un grand merci à tous ceux qui ont permis à cette 4e édition de voir le jour et à ceux qui ne l’ont pas encore fait, OSER l’Afrique au Togo ou ailleurs; les champs d’actions sont vastes il faut juste se lancer. C’est notre créativité et nos innovations qui transformerons l’Afrique, personne ne le fera à notre place.

L’équipe O.S.E.R l’Afrique

1 réponse
  1. Pierre-Joel Eyene
    Pierre-Joel Eyene dit :

    D’entrée de jeu je loue l’initiative des fondateurs de ce groupe associatif qui encourage la jeunesse africaine à l’élaboration de projets de développement durable. C’est une segment porteur en Afrique. Il est plus que jamais important d’attirer l’attention des jeunes africains sur leur implication dans le développement à travers les énergies renouvelables et aussi l’agriculture qui est une source incontournable de développement économique du continent africain.C ‘est un aspect auquel je m’intéresse particulièrement et que je suis de très près.
    Pierre-Joël Eyene

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