Oser l’innovation sociale, Présentation du livre Changer d’échelle : l’entreprise au service de l’innovation sociale

La présentation de cet ouvrage sorti le 24 mars dernier se place en introduction d’une réflexion, qui peut se vouloir force de proposition, sur les perspectives de l’entrepreneuriat social sur le continent africain.

Cet ouvrage a été co-écrit par Olivier Kayser, qui a travaillé 6 ans pour l’ONG Ashoka après son passage au cabinet McKinsey avant de devenir le directeur exécutif d’Hystra, société de conseil en stratégie hybride, alliant impact social et rentabilité, et Valéria Budinich, membre du comité de direction d’Ashoka à l’origine de l’initiative Full Economic Citizenship (FEC).

Les auteurs développent la thèse des réseaux sur lesquels doivent s’appuyer les entrepreneurs sociaux pour transformer leur business modèles afin de les rendre attrayant pour les grandes entreprises ; ces dernières étant le levier permettant de sortir les innovations sociales du laboratoire pour impacter le plus grand nombre. L’ambition du livre est de fournir une évaluation factuelle et critique de la possibilité de résoudre des problèmes sociaux à travers des approches de marché, et ses auteurs souhaitent remettre en cause la division traditionnelle entre un secteur « à but lucratif », créateur de richesse économique, et un secteur « à but non lucratif », qui cherche à réparer les problèmes sociaux et environnementaux.

Comprendre l’innovation sociale, c’est utiliser les dynamiques créatives, les idées nouvelles ou saisir l’opportunité de ce qui existe déjà, casser avec le modèle classique afin de répondre à un besoin social et/ou environnemental. Aussi, l’innovation sociale, au-delà d’un concept fourre-tout supplémentaire, propose un regard sur l’entrepreneuriat, tout en prenant en compte la façon dont l’économie fonctionne et les rôles que peuvent avoir les nombreuses et diverses initiatives qui existent.

Le cadre d’expression de l’innovation sociale.

La lecture de l’ouvrage d’Olivier Kayser et de Valeria Budinich révèle comment une entreprise au service de l’innovation sociale qu’elle défend, résout des problèmes de l’accès au financement ou des infrastructures énergétiques et sanitaires. Cette forme d’entrepreneuriat peut être considérée comme novatrice en ce qu’elle accompagne le développement d’un secteur de l’économie qui se base sur des transformations sociales tangibles inscrites au cœur du business plan.

De plus les auteurs contribuent à donner des exemples concrets sur les défis de changements d’échelle dont les exemples et modèles d’expansion organique et des innovations sociales développées en répondant à la question : Si le laboratoire de l’innovation sociale est plein, pourquoi l’usine de sa globalisation est-elle vide ? Les innovations sociales ayant en effet besoin des grandes entreprises afin d’exploiter tout leur potentiel.

Entrepreneuriat social et perspectives globales dans le contexte africain.

Parfois considéré comme enfant de la microfinance par les universitaires et experts de la finance solidaire, le social business de Muhammad Yunus place le besoin humain et le corpus social au cœur de la création de valeur économique.

Ces perspectives semblent s’inscrire comme une bouffée d’oxygène pour nombres de jeunes – ou moins jeunes – étudiants et travailleurs, dont l’objectif est de monter un modèle créateur de valeur et d’emploi, basé sur une innovation sociale ouverte et qui peut s’adapter à une autre localité ou un autre secteur. Cependant comme toute entreprise, le social business comporte des contraintes structurelles et conjoncturelles qui s’expriment selon le projet, son ambition de taille, de durabilité et de rentabilité.

Dans la caractérisation des « pays en développement » à laquelle répond, par conceptualisation sémantique institutionnelle, l’ensemble des pays africains, l’accès au financement représente la principale difficulté. Celui-ci prend principalement la forme d’impact investing ou de philanthropie. Les besoins de fonds propres et de subventions de démarrage nécessitent des outils de marché solides, encore trop rares, adaptés au modèle entrepreneurial sous-jacent pour préserver une rentabilité sociale durable.

C’est donc un marché en devenir dont les acteurs sont motivés selon les critères qu’Ashoka, le premier réseau mondial d’entrepreneurs sociaux, se propose de formuler à l’aide de quatre questions : Quelle innovation sociale ? Quelle approche a été envisagée ? Qui est l’entrepreneur et Quel est l’impact social/ environnemental ?

Ces éléments qui sous-tendent à définir l’entrepreneuriat social porté par une innovation nous montrent, et fort heureusement pour la créativité propre à chaque esprit, qu’il n’y a pas de case où s’enfermerait une lourdeur conceptuelle de la mise en place d’un social business.

Afin que vous, chers lecteurs, nourrissiez vos pensées sur la question de l’innovation sociale et de son ancrage entrepreneurial au sein des sociétés africaines, permettez que nous ouvrions la fin de cet article sur une citation d’Aminata Dramane Traoré : « C’est en se prenant en main que les citoyens peuvent faire la différence (…) L’Afrique a tout à gagner à promouvoir des sociétés autonomes, conviviales, économes ».

L’équipe O.S.E.R l’Afrique

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