septembre 6, 2017

 

Lionel Aba-Gangoué remporte en Septembre 2016 la première édition du Startup Weekend Africa avec son projet Vijana School. « Vijana » qu’on traduit par « jeunesse » en swahili, est une plateforme de soutien scolaire, mettant en relation étudiants, élèves et professeurs. Elle démarre dès cette rentrée scolaire et nous en avons profité pour faire un portrait de son fondateur Lionel Aba-Gangoué.

 

 

1/ Identité : Qui êtes-vous ? Parcours personnel/professionnel

 

Je m’appelle Lionel Aba-Gangoué, j’ai 30 ans et je suis franco-congolais.

Après des études commerciales et marketing, j’ai commencé ma carrière au sein de grandes entreprises de la téléphonie avant de poursuivre dans le secteur du e-commerce en tant que Business Developer pendant 5 ans à Paris. Soucieux du rayonnement de l’Afrique, passionné d’entreprenariat et de nouvelles technologies, je me suis lancé un nouveau défi il y a tout juste un an avec la création de Vijana School.

* Pourriez-vous nous décrire en quelques mots la structure que vous avez créée ?

En quelques mots, Vijana School est un service de soutien scolaire à domicile, dispensé par des étudiants de l’enseignement supérieur ainsi que des professeurs de l’éducation nationale.

Conçu pour accompagner et soutenir les élèves et les étudiants à travers le continent, nous donnons la possibilité aux parents qui le souhaitent, de soutenir et renforcer les connaissances de leurs enfants par la présence de répétiteurs à domicile et cela, tout au long de leur scolarité. Par l’utilisation de notre application mobile (disponible très bientôt), ils pourront sélectionner plus facilement le(s) répétiteur(s) qualifié(s) et compétent(s).

Le tout en bénéficiant d’outils de suivi et d’évaluation de la prestation.

Vijana School a l’ambition de devenir la première application mobile qui grâce au soutien scolaire, accompagne les jeunes étudiants vers l’excellence et la réussite sur le continent. Nous démarrons à Brazzaville dès la rentrée prochaine.

 

2/ Quand êtes-vous retourné vous installer en Afrique ? Quelles démarches ?

 

Tout s’est fait en plusieurs étapes. Pour commencer, en septembre 2015 j’ai décidé de quitter mon job à Paris car je savais qu’il était temps de prendre plus de risques et aller vers ce que j’ambitionnais depuis toujours, l’entreprenariat en Afrique. Lors de mes voyages à Brazzaville, j’ai profité de ces instants pour observer l’environnement entrepreneurial afin d’identifier ce qui serait utile à mettre en place.

A mon retour à Paris, j’ai souhaité construire mon projet et confronter mon idée en participant à deux concours de startups, pour autant de finales, dont une remportée en Septembre 2016. Cela m’a permis d’amorcer le développement du prototype. S’en est suivi une incubation pendant 6 mois au sein de Résonances Nord-Sud, l’accélérateur de projets à impacts sociaux situé à Montreuil. Grâce au soutien de ma famille, la préparation a été plus simple sur le terrain.

A commencer par l’étude de marché et la recherche de partenaires. Aujourd’hui, je fais encore des allers-retours mais plus pour très longtemps. Je finalise les derniers détails qui me permettront d’être à 100% sur le continent.

 

 

3/ Qu’est ce qui a suscité chez vous l’envie de rentrer en Afrique et/ou d’y entreprendre ? Quel a été le déclic ?

 

Entreprendre en Afrique a toujours été un souhait depuis l’adolescence. Cela a été facilité par le fait qu’une bonne partie de ma famille y soit, j’y vais régulièrement et donc ce lien avec le continent a toujours été présent dans mon parcours. Le fameux déclic que beaucoup d’entrepreneurs ressentent, a eu lieu en Décembre 2015 lorsque je rentre à Brazzaville pour passer les fêtes de fin d’année. J’y rencontre une excellente étudiante, amie de mes sœurs, qui est souvent contrainte de ne pas aller en cours faute de moyens financiers suffisants pour payer sa scolarité et/ou ses frais de transports. Conjuguer à cela, le manque criant de répétiteurs qualifiés proposant un service clair et de qualité. J’ai donc étudié la problématique en m’entourant d’une superbe équipe. Notre motivation première s’appelle « 89 millions ». Car il y a 89 millions des 12-24 ans hors du système scolaire en Afrique subsaharienne. Il est important pour nous, de proposer des solutions viables pouvant participer à la réduction de la déscolarisation.

A travers Vijana School, nous allons apporter une solution innovante dans le domaine de l’éducation.

 

4/ Quels sont d’après vous les enjeux au retour de la diaspora en Afrique ?

 

La diaspora c’est 32,5 milliards d’euros envoyés en 2016 vers les différents pays d’Afrique selon la Banque Mondiale. Quand on constate cela, tout est dit. Mais ce n’est pas que ça. La formation, les connaissances et les méthodologies de travail apprises en Europe ou ailleurs, peuvent et doivent permettre à cette diaspora désireuse d’entreprendre, de participer activement à la construction des économies Africaines. Pour que cela se fasse de la meilleure des manières, il faut y aller avec beaucoup d’humilité. On ne fera rien évoluer seul si on ne comprend pas l’environnement dans lequel on ne baigne pas toute l’année. Créer des entreprises, former son personnel et challenger ses concurrents, peut permettre à son écosystème de progresser au bénéfice des populations. Ce n’est que mon avis évidemment !

 

5/ Quelles sont les difficultés/obstacles auxquels vous avez dû faire face sur le terrain ?

 

Il m’est apparu compliqué d’avoir un rendez-vous partenaire, parce qu’il a fallu passer par une procédure écrite et espérer voir son RDV valider. Le simple mail adressé au contact direct ne passe pas par exemple. Mais j’ai quand même essayé avant de m’appuyer sur ma famille et éviter les frustrations. Vous pouvez avoir un rendez-vous en 5 minutes suite à un appel, comme vous pouvez en valider un et le voir être repoussé de semaine en semaine…Être recommandé par x ou y c’est la base pour limiter les ralentissements. Il faut faire preuve de patience et s’adapter.

 

6/ Que conseilleriez-vous à ceux qui veulent rentrer ou entreprendre en Afrique ?

 

Je conseillerai à celles et ceux qui veulent entreprendre en Afrique, d’aller observer régulièrement sur le terrain, les modes et habitudes de consommation afin de se détacher des préjugés. Cela évitera de créer quelque chose sans avoir au préalable, validé une étude de marché et testé sa cible. Tout business doit être adapté et pour s’en rendre compte, il n’y a pas mieux que le terrain.

Se construire, développer son projet et s’entourer de personnes qui croient en vous, maximise vos chances de réussite. Vous ne pourrez pas tout faire et surtout, le faire tout seul.

 

7/ Une dernière réflexion que vous avez envie de partager ?

 

Je vais vous citer Frantz Fanon :

« Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »

Et si on bâtissait quelque chose de plus grand et plus important que notre propre ambition ? Alors osons ! Osons ensemble une CO-CONSTRUCTION au bénéfice d’une jeunesse en attente d’actions concrètes.

 

Merci Lionel pour cette interview enrichissante !

 

Osément,

L’équipe O.S.E.R. l’Afrique.

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