juillet 13, 2017

Le crowdfunding est une expression décrivant tous les outils et méthodes de transactions financières qui font appel à un grand nombre de personnes afin de financer un projet.

Il y a quelques mois, la sociologue Juliette Smeralda énonçait ceci lors d’un colloque:
« C’est beau de pratiquer la tontine. Combien de gens nous ont dit qu’ils ont construit leur maison (…) grâce à l’argent de la tontine. Un système économique qui est multilinéaire en Afrique et que les européens copient avec (le) crowdfunding, (le) micro-crédit (…) sauf que chez les africains, vous ne payez pas d’intérêts ».
Alors, quelles sont les vraies origines du crowdfunding?

Le terme « crowdfunding »

Décortiquons d’abord le terme: ‘crowd’ mot anglais qui signifie « foule », « masse », « personnes » et le terme « funding » qui veut dire « financement ». Le crowdfunding est donc le financement par une masse de personnes, un financement communautaire et solidaire qui ressemble beaucoup à la tontine africaine, au sousou africain, caribéen et antillais.

 La tontine

Madame Smeralda cite la « tontine », qui est un système de financement dans lequel les participants s’engagent à verser une somme pré-déterminée, de manière égale, à une fréquence donnée (hebdomadaire, bi-hebdomadaire ou bi-mensuelle). Un trésorier recueille les fonds pour chaque tour de versement. Un des participants est désigné pour être le bénéficiaire des fonds de tous les autres participants, soit par tirage au sort avant chaque versement, soit par tirage au sort fait une seule fois au début du cycle, les participants bénéficiant des versements en fonction du numéro qu’ils ont tiré au sort. Dans le jargon ‘afro’, on appelle cela « la main ».

Le sousou/susu

Nous pouvons encore citer le ‘sousou’ ou ‘susu’ qui vient du terme (yoruba)« esusu » en Afrique de l’ouest qui présente le même fonctionnement que la tontine. En Afrique de l’est, les somaliens l’appelleront « hagbad » ou « ayuuto », et en Afrique du Sud « stokvel ».

Autres appellations

Malgré les déportations d’esclaves d’Afrique noire, la pratique ancestrale a survécue et a été maintenue dans les Caraïbes et les Antilles. D’ailleurs le terme « sousou » est celui utilisé par les antillais pour désigner ce qu’on appelle aussi « tontine » en Afrique. Les jamaïcains diront « partna », les haïtiens « min » ou encore les guyanais « a box hand ».
Ce système permet de sauvegarder des sommes conséquentes, tout comme dans le crowdfunding, dans le but de réaliser des projets divers et variés: entrepreneuriat social ou à but lucratif, éducation, immobilier, vacances, santé, arts et cultures… et il n’y a pas d’intérêts à verser. La bonne affaire pour ceux qui ont du mal à épargner, ou qui veulent éviter de prendre un prêt bancaire :).

Les éléments essentiels

La confiance entre les participants est, en plus des sommes partagées à part égales, l’un des éléments essentiels sans lequel la tontine n’a pas lieu d’être. C’est la raison pour laquelle elle se fait souvent entre membres d’une même famille ou d’une même communauté.

Vous conviendrez donc que le crowdfunding est, à plus grande échelle, un susu, une tontine géante, où vous pouvez choisir une contrepartie, ou non, et elle est plus flexible car vous donnez ce que vous pouvez, que vous soyez un proche ou un simple sympathisant du projet.

L’Equipe O.S.E.R. l’Afrique
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