mai 12, 2017

Après le succès de la campagne de crowdfunding à laquelle nombreux parmi vous ont participé, nous souhaitons revenir sur cette formidable expérience.
La campagne OSE TON AFRIQUE qui s’est déroulée du 21 Octobre au 2 Décembre 2016 nous a permis de tirer de précieux enseignements et d’identifier les facteurs clés du succès de ce type de financement.

Le choix de la plateforme

C’est un des premiers choix qu’on doit faire lorsqu’on se lance dans le projet d’une campagne de crowdfunding. Il y’a quelques années encore le crowdfunding apparaissait comme une innovation réservée aux « geek » mais aujourd’hui cette méthode de financement s’est pas mal développée (296,8 millions d’Euros ont été collecté par crowdfunding en 2015). De nombreuses plateformes existent dont les plus connues sont KissKissbankbank, Ulule et le leader mondial Kickstarter. Dans notre cas et parce que c’est inscrit dans notre ADN, nous avons décidé de porter cette campagne avec l’un des seuls acteurs panafricains du financement participatif : Fiatope. Fondé par Eric Ntonfo, la plateforme est le premier service de la startup du même nom. Son ambition, comme il l’explique sur leur site c’est « d’amplifier ce phénomène, qui bénéficie encore trop peu au Continent, et de devenir dans ce nouvel élan de la crowd-économie, la Banque alternative de demain pour les entrepreneurs africains ». Bien que Fiatope soit un jeune acteur de la place, nous avons fait le choix d’y mener notre campagne parce que nous soutenons cette excellente initiative qui ouvre un canal supplémentaire de financement aux nombreux entrepreneurs qui portent des projets en Afrique ou vers l’Afrique.

Le projet à financer

Le crowdfunding est un moyen moderne et extraordinaire pour lever des fonds en quelques jours pour un projet ; cependant il n’y a pas de magie ou de miracle, si le projet n’est pas bien préparé et si vous n’avez pas de communauté pour le soutenir, alors la campagne se terminera certainement par un échec. Chaque campagne de crowdfunding est un pari qui doit être à la fois ambitieux et mesuré. C’était en tout cas le cas pour nous, bien que nous ayons accumulé plus de 7 années d’expérience dans le domaine de l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique, le challenge restait entier lorsqu’il a fallu convaincre notre communauté de soutenir la création d’une structure dédiée à l’accompagnement d’entrepreneurs à Douala, au Cameroun. Pour y parvenir nous avons travaillé à fond sur les deux leviers principaux d’une campagne : la qualité du projet et la communication sur le projet en lui-même.

Il est important que le projet soit concret et clair aussi bien pour vous que pour ceux à qui vous le soumettez. Les contributeurs qui font des dons, sont avant tout sensibles à l’impact du projet et au sérieux du porteur de projet. Chaque contributeur voudra savoir en quoi il fera la différence en participant à votre financement. Il faut donc préparer une communication solide qui mettra en lumière les qualités du porteur de projet et les valeurs du projet.

L’avant campagne : le teaser

Le collectif a mobilisé en premier lieu quotidiennement ses proches (membres actifs et sympathisants) afin d’assurer un premier pallier de fonds. Ces premières contributions qui montrent que le Collectif lui-même croit en son projet vont ensuite convaincre le deuxième cercle de contributeurs composé de sympathisants et connaissances un peu moins proches qui souhaitent à leur tour devenir partie prenante du projet en ajoutant leurs parts. En amont du lancement, nous avons opté pour un teasing sur les réseaux sociaux et ensuite nous avons consacré quasiment toute notre ligne éditoriale à la campagne de crowdfunding.
Cette campagne a donc fait appel à une communication dont la charte graphique et les informations partagées étaient bien préparées à l’avance afin de toucher un maximum de personne et de les convaincre de participer avec nous à cette aventure. Les éléments visuels sont essentiels, c’est pourquoi nous avons élaboré des vidéos, des supports graphiques et des slogans de campagne attractifs et professionnels.

Au cœur de l’action : défendre le projet et communiquer

Pendant la campagne nous nous sommes présentés sur le plus d’événements possibles aussi bien en France là où se trouve notre cible diaspora principale qu’au Cameroun le pays d’accueil ne notre projet. Des événements en rapport avec le projet mais aussi où des partenaires proches ou moins proches étaient présents. Cette mobilisation est essentielle pour échanger de vive voix avec les personnes susceptibles de contribuer et les convaincre de participer. C’est dans cette phase du crowdfunding que nous avons eu de nombreux retours sur les limites et les atouts de notre campagne.

En effet, nous avons organisé un événement clé pour présenter l’objectif du financement collaboratif et évaluer notre potentiel de contributions. Celui-ci nous a permis de voir que les promesses des réseaux sociaux se réalisent souvent dans une moindre mesure une fois qu’on se retrouve dans le réel. Pour les cœurs fragiles, attention à la déception. Qu’à cela ne tienne, nous avons mis les bouchées double, sur d’autres canaux de communication (radios, sites internet de partenaires etc.) tout en relançant quotidiennement nos contacts proches et lointains que nous avions sollicités dès le départ et au fur et à mesure de la campagne.

Le creux de la vague : relever le défi d’atteindre l’objectif fixé

Lorsque l’on se retrouve au milieu de la campagne, les résultats directs du travail de communication et de mobilisation se font difficilement sentir. Comme pour tout crowdfunding, c’est bien le début et la fin de campagne qui ont mobilisé le plus de fonds, grâce au travail porté en amont mais surtout durant toute la campagne. C’est pourquoi à mi-chemin, nous avons concentré nos efforts sur la préparation de la dernière semaine du crowdfunding, sans filet de sécurité et sans garantie certaine d’atteindre l’objectif de collecte des fonds que nous avions fixé à 9500€. Cette période de creux de la campagne peut porter un sérieux coup au moral de l’équipe et ajouter un stress supplémentaire, mais il faut retenir que c’est un passage quasi obligé, à intégrer dès le départ dans la mise en place du plan de communication.
La récompense : on a dépassé l’objectif !

Qu’est-ce que nous retenons de cette expérience qui soit bon à partager avec tous ceux qui souhaitent essayer :
o Bien préparer son projet en amont et s’assurer de sa clarté pour les personnes extérieure à sa conception ;
o Choisir une plateforme qui vous correspond ;
o Bien mobiliser sa communauté avant le lancement officiel de la campagne ;
o Communiquer largement et sur des canaux de communication différents ;
o Se préparer à la traversée du creux de la vague ;
o Relancer son entourage proche et le reste de la communauté régulièrement pour s’assurer qu’ils ont bien reçu le message et qu’ils n’ont pas oublié de faire le nécessaire.
o Ne pas négliger les rencontres dans le monde réel. Une bonne présentation live vous assurera plus de contributions que des « likes » sur les réseaux sociaux.

Grâce à une mobilisation forte au sein de notre communauté et à l’engagement quotidien de toute notre équipe, nous avons réussi à lever 13 121€ en 42 jours. C’est aussi et avant tout parce que nous avions la ferme conviction que ce projet devait voir le jour, que nous nous sommes engagé sur cette voie. Jusqu’au dernier jour, nous avons vu le nombre de contributions augmenté confirmant ainsi le besoin d’action que nous avions formulé et récompensant aussi un travail de longue haleine entamé longtemps avant le démarrage de la campagne en Octobre. Aujourd’hui, plusieurs semaines après le clap de fin, le travail continue pour remercier les 163 contributeurs et mettre en place le projet à Douala. Le partenariat avec Fiatope a été et reste un atout pour gérer la relation avec toutes ces personnes. C’est un véritable tremplin qui a permis de faire participer à un même projet, des personnes qui ne se connaissaient pas et peut être ne connaissaient pas le collectif OSER L’Afrique. Nous partageons avec eux une vraie responsabilité et la force collective recharge l’énergie que nous avons mis à oser cet espace d’accompagnement durable et inédit à Douala.

 

 

L’équipe O.S.E.R L’Afrique

Posted in: Blog
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