juin 12, 2017

Le 27 mai dernier, s’est tenu à l’Erasmus University de Rotterdam la quatrième édition de l’African Business Day, organisé par ASAH (Association of Students of African Heritage) une association d’étudiants néerlandais. Cet évènement vise à mettre en relation, le temps d’une journée, des business people, des étudiants néerlandais et des intervenants ayant une bonne connaissance du contexte socio-économique de l’Afrique. 
Anne-Sophie et Michelle ont souhaité partager cette expérience avec nous, à travers ce compte-rendu riche et concis que nous vous proposons ci-dessous.

 

Déroulé de l’événement

1. La prise de parole des intervenants a été suivie d’une heure de questions et réponses.

2. Suite à la session Q&A, un chanteur a offert une performance en extérieur.

3. Enfin, le dîner fut servi.

Prise de parole des invités

 

Diane Ngako

« You have to know why you want to go to Africa. I did not go to Cameroon to try, I went to succeed. »

Fondatrice du site visiterlafrique.com c’est au travers d’un blog sur son retour à son « Africanité » que Diane se distingue. Le changement de perspective et le regard neuf qu’elle porte sur le continent africain lui valent de travailler pour le journal Le Monde avant de se lancer à son propre compte.

Diane représentait à la fois le monde des médias et celui du tourisme. Elle nous a offert une présentation chiffrée du marché touristique en Afrique. Son intervention fut la première à soulever les problèmes de voiries et par la même occasion l’impératif de responsabilisation des gouvernements dans leurs actions. Une problématique qu’elle illustre avec beaucoup d’humour sans pour autant perdre la gravité du propos : « Nous parlons de créer Uber au Nigeria, mais si Lagos n’a pas de routes, Uber n’ira pas loin. ». Diane a également soulevé le problème des entraves à la circulation des africains dans leur continent avec pour exemple l’accès très limité (diplomates principalement ) au « passeport africain » ou encore sa difficulté à se rendre depuis le Cameroun au Gabon pays pourtant frontalier.

Sofiène Marzouki

« The first mistake you should not make is the failure to realize local contacts.»

Sofiène est le manager director de Jumia Food en Afrique du Nord. Il a d’abord commencé son aventure au Ghana où il s’est rendu dans le cadre de ses études. Sa motivation fut que « Tout le monde devrait avoir accès à un service de livraison à domicile » nous a-t-il dit avec humour. Sofiène représentait le domaine de la restauration et plus particulièrement de la livraison de plats à domicile.Son intervention a fait écho à celle de Diane en ce qui concerne le problème de la voirie. Dans son cas il s’agissait de la difficulté d’indiquer une adresse de livraison. Un problème auquel l’entreprise fait face sans avoir trouvé la solution.Sofiène est revenu sur son parcours et nous a fait l’illustration du besoin d’exemplarité au travers d’une anecdote. Il nous raconte qu’il procède tous les 6 mois à une évaluation de la qualité des conditions de travail au sein de l’entreprise. Alors qu’il travaillait encore au Ghana, un employé a déclaré qu’il aspirait à être « head of marketing » à savoir occuper le poste de Sofiène. L’employé s’est aussitôt empressé de dire qu’il savait se faire des illusions puisqu’aucune personne locale n’avait jamais occupé de poste à responsabilités. Sofiène a donc mis un point d’honneur à nommer un ghanéen comme successeur. Il a estimé qu’il était primordial de donner aux jeunes locaux un exemple auquel tous pouvaient aspirer.Enfin, il nous a rappelé l’importance d’arriver avec « la bonne attitude », c’est-à-dire de prendre en compte les remarques faites par les locaux quant à la gestion d’une entreprise sur place; il est capital de ne pas chercher à appliquer une science occidentale du commerce dans un pays d’Afrique, cette dernière n’étant pas adaptée au marché. En acceptant cela on gagne du temps!

 

Sentini Grunberg

L’intervention de Sentini visait à promouvoir son livre « Joyful Ondernemen ». Tout comme Diane, Sentini représentait le monde des media.

Au cours de son intervention Sentini nous explique qu’elle a créé son école de danse aux Pays-Bas à l’âge de 19 ans et qu’elle poursuivait dans le même temps des études en médecine. Elle se définie comme « multi-passionate » ayant plusieurs centres d’intérêt a priori inconciliables. Son œuvre se veut aider tout un chacun à définir ses objectifs et ses priorités pour mener des affaires en combinant, parfois, différents centres d’intérêt. L’œuvre cherche donc à accompagner quiconque se lancerait dans l’aventure entrepreneuriale et ce y compris dans un pays d’Afrique.

Saqib Nazir

« I always say to those who want to go back: go back quickly, make your mistakes rather than spending your life thinking, oh! I should have gone and then by the time you finally decide to return it’s too late…»

Saqib est le PDG d’Interplay Ghana, il représentait à la fois le monde des nouvelles technologies et celui de la finance. Saqib a travaillé au développement d’une plateforme électronique de paiement dans les pays émergents.

Saqib a immédiatement compris le besoin de connaître les pratiques du pays dans lequel on cherche à s’établir. Il a, au cours de son expérience au Ghana, observé diverses formes de transactions souvent informelles. Saqib a ainsi eu l’idée de digitaliser la tontine (mise en commun d’une somme d’argent au sein d’un groupe d’individus dont la somme totale bénéficie tous les mois à l’un des participants), afin que les transactions soient plus sécurisées et évitant notamment que l’argent ne soit gardé à domicile ou que « certaines choses » n’arrivent après sa collecte.

Son intervention était certes courte mais très pédagogique car accompagnée d’un ensemble des données reprenant les informations nécessaires à l’étude du secteur bancaire en Afrique avec par exemple des graphiques mettant en avant le futur démographique du continent ou encore relatifs à l’usage de la carte crédit.

Uche Ofodile

« You are limited to your own imagination in terms of what is possible in Africa, there is an answer to every single thing that is out there.»

« Africa is Vibrant, Africans are aspiring people, they aspire to the best. »

Uche représentait le domaine de la communication. Elle est revenue sur son expérience chez Vodafone au Nigeria avant de nous parler de son travail chez Africa of express Wifi chez Facebook. Uche a notamment imputé les problèmes de connectivité au manque de sensibilisation de la population aux nouvelles technologies, au manque d’infrastructures et au coût encore trop élevé de ladite connectivité. Son intervention fût également très brève mais pleine de sagesse!

Interventions les plus pertinentes de la session Q&A

 

What is the recipe for success in Africa?

« There are a couple of things you need deep insights no assumption, and patience. »

Uche Ofodile

What do you want people to remember from your Africa?

« That Africa is not a country, there are 54 countries (or 55 with the occidental Sahara), sometimes we generalize without noticing and start speaking of People from West Africa. We also compare Africa with China or India, it’s a mistake! I don’t think Africa should be the next China or India, we should become the next ourselves. »

Diane Ngako

What do you think is the innovation that will transform people’s life in Africa?

« Connectivity. »

Sofiène Marzouki


 

La quatrième édition de l’African Business Day à Rotterdam s’est organisée autour de la thématique « Africa innovates« . Elle a réuni dans un respect quasi parfait de la parité homme / femme des intervenants issus du monde des médias, du tourisme, de la communication, de la restauration ou encore de la finance. La diversité était donc à l’honneur puisque les intervenants représentaient des domaines, des parcours, des âges et des pays différents. Un point était cependant commun: tous avaient une position d’étranger dans leur pays d’origine (Diane et Uche) et / ou d’installation (Saqib et Sofiène).

Enfin tous préconisaient de se renseigner sur les problèmes (Uche préférait parler en terme d’opportunités) que l’on rencontre lorsqu’on décide de se lancer dans un commerce dans un pays du continent. Tous s’accordaient à dire que les obstacles étaient: l’accès à internet, le manque d’infrastructures, le manque de responsabilisation des gouvernements, la difficulté de trouver localement des employés compétents, la corruption, les mentalités.

Si les problématiques sont souvent les mêmes, elles ne sont pas toujours les seules, ou se manifestent à des degrés différents. Uche soulignait le fait que le Kenya ou le Rwanda par exemple étaient des pays qui offraient un environnement plus favorable à l’entreprenariat. Cela dit tous les speakers étaient la preuve que malgré les obstacles l’aventure restait possible.

Partage, échange et transmission ont rythmé cette rencontre, telle est assurément la formule d’un événement réussi.

 

Anne-Sophie & Michelle 

 

L’équipe O.S.E.R. L’Afrique – Netherlands

Posted in: Blog
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