1 décembre 2019

L’association Cinewax promeut le cinéma africain depuis 2015. Le contenu est divers, riche et nous permet de (re)découvrir l’art cinématographique. O.S.E.R. L’Afrique s’est entretenu avec son créateur, Monsieur Jean FALL, qui nous offre une palette d’oeuvres à voir en ligne via le Online African Film Festival.

 

1.Bonjour M. FALL, merci de nous accorder cet interview. Pourriez-vous vous présenter en quelques lignes (origines, études, famille, travail)?

Je suis Jean FALL, le fondateur de Cinewax, association que j’ai créé en 2015.

Nous faisons la promotion des films africains à travers l’organisation de festival, avant-premières et programmes originaux.

Je suis franco-sénégalais, et j’ai grandi en France. C’est après plusieurs voyages au Sénégal, et en constatant qu’il n’y avait pas de salle de cinéma et peu d’accès aux cinémas africains, que j’ai eu l’idée du projet.

J’ai suivi une licence de droit que j’ai validé puis je me suis orienté vers un parcours entrepreneurial pour me lancer à temps plein dans Cinewax depuis 2016.

2. Vous avez réalisé votre deuxième édition du festival de OAFF. Pourriez-vous le décrire en quelques mots s’il vous plaît?

Le Online African Film Festival (OAFF) est le premier festival en ligne dédié aux films africains. Cette année nous avons créé la 2e édition.

Pendant un mois, du 15 novembre au 15 décembre, nous proposons une sélection de plus de 30 films africains exclusifs sur notre plateforme https://oafffest.cinewax.org , disponible dans le monde entier, pour seulement 8€ (1500 fcfa en Afrique francophone).

Le thème de la sélection est le rêve africain, et nous explorons les fantasmes et imaginaires autour du continent, ou simplement la réalité de l’Afrique actuelle, vue par les cinéastes africains.

3. Pourquoi l’avoir crée?

Depuis 4 ans nous nous faisons la promotion des cinémas d’Afrique en organisant des séances de cinéma en salle. Après plus de 90 événements, nous nous sommes rendus compte que les films étaient encore peu accessibles aujourd’hui, que ce soit dans les salles de cinéma, ou dans les festivals. (malgré les quelques prix récents obtenus par des films africains au festival de Cannes).

Les spectateurs ne peuvent pas toujours se déplacer pour venir aux festivals.

Le digital est omniprésent dans nos usages et est accessible à tous. Nous avons imaginé une plateforme de streaming disponible dans le monde entier et qui rendrait visible ces cinémas d’Afrique auprès d’un public international.

Nous voulons montrer des histoires africaines authentiques, et une création libérée des clichés et des postulats hérités de notre l’histoire coloniale complexe. Cette recherche nous conduit à exclure de nos sélections beaucoup de productions actuelles qui reproduisent ce schéma, et spécialement sur l’espace francophone.

4. Quel est votre public cible?

Nous souhaitons toucher le public des afro-descendants, car nous pensons qu’ils sont les premiers concernés par les films que nous montrons, mais pas seulement. Notre public est composé de spectateurs de toutes origines, passionnés de culture, d’Afrique, et de découverte.

5. Qu’est-ce qui a guidé le choix des lieux du lancement de ce festival cette année?

Le Gaumont Champs-Elysées est un symbole fort pour nous. Nous voulions montrer qu’aujourd’hui, il est possible de remplir une salle de cinéma sur “la plus belle avenue du monde” dans le pays du cinéma, pour montrer un film africain.

Au delà du prestige, c’est un lieu facilement accessible, et nous sommes accueilli dans de très bonnes conditions.

Nous ne devons pas avoir de complexe et investir les lieux qui nous semble les plus justes pour nos événements et nos projets.

Pour les autres villes, sur Abidjan, Bruxelles, Dakar, Accra, nous nouons des partenariats au gré de nos rencontres et avec des cinémas et organisations qui soutiennent le projet et veulent nous accompagner dans cette aventure.

6. Comment avez-vous constitué votre équipe (processus de sélection, qualifications des membres) ?

Il n’y a pas de processus de qualification spécifique chez Cinewax.

Nous accueillons des personnes volontaires, passionnées, et qui ont envie d’apprendre et d’évoluer avec nous.

Nous fonctionnons par projet. Pour le festival OAFF 2019, nous avons une équipe de plus de 40 bénévoles dans plusieurs pays : entre la communication, l’événementiel, la traduction des films, la production des trailer, et toutes les tâches qui permettent la mise en oeuvre du projet.

7. Trouver des partenaires a-t-il été aisé? Avez-vous eu des surprises ou rencontré des obstacles lors de vos démarches?

Il y a toujours un décalage entre ce que l’on veut faire et la réalité.

Nouer des partenariats qui marchent est une tâche qui prend du temps et requiert de l’endurance, et une confiance mutuelle.

Je dirai qu’à ce jour, il n’y a que des belles surprises, et nous sommes content d’avoir pu trouver nos partenaires actuels.

Au fur et à mesure des années, nous voulons consolider nos relations avec les partenaires qui nous suivent depuis le début, tout en nous challengeant pour aller chercher des marques et organisations internationales qui permettront d’apporter au festival une légitimité supplémentaire.

8. Souhaitez-vous augmenter votre offre de films sur le continent africain? Si oui, dans quel/s pays?

Oui ! La liste est longue.

Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas encore trouvé des films de Somalie, du Bénin, de Sierra-Léone, ou encore du Congo. Il y a beaucoup à découvrir et nos découvertes vont aller de pair avec l’évolution des industries du cinéma dans chaque pays.

Le Kenya a de nombreux réalisateurs de talent, et le Nigéria révèle ses particularismes au fur et à mesure des années.

Il est aussi important d’assurer une représentation équitable des pays dans notre sélection de 30 films (35 en réalité).

Nous avons peu de films du Maghreb, car ces cinémas sont plus nombreux, et déjà connus du public francophone.

Nous sommes ouverts et espérons découvrir de nombreux chef-d’oeuvres dans les prochaines éditions.

9. Quelle est votre/vos réalisation/s qui vous rend/ent le plus fière?

Je suis fier d’avoir bâti Cinewax avec l’aide de toutes les personnes qui nous ont soutenu et d’en être arrivé jusque ici. C’est ma plus belle réalisation.

Le meilleur est à venir.

10. Un mot pour la fin?

Je citerai Djibril Diop Mambéty :

“Le cinéma, c’est de la magie. Si tu veux tout savoir, tu casses la magie.”

Merci à Jean FALL pour cette interview.

L’équipe O.S.E.R. L’Afrique

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